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  De 1959 à nos jours...Les Maïca recensés ou attendus DiversEscales techniques...



À la hune : Gipsy


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Maïca "CH" remporte la Semaine du Golfe ! [3011 lectures] 
 
  05/06/2009 07:07 par Webmaster supin 
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imagePavel et son Maïca s'ils n'ont jamais pu vaincre en temps réel Hispania IV contrairement à Acteia II en 2007 qui remporta une manche en temps réel suite à une bévue du 8 Mètres J, remporte en temps compensé les régates de cette cinquième édition de la Semaine du Golfe.

Studieux comme à son habitude, chaque membre d'équipage à remis son débriefing à son capitaine...


















Les meilleures choses ayant une fin, la Semaine du Golfe se termine. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, Pavel exige un compte-rendu ! Paré ? J'envoie ...
Par Anne, équipière de Maïca "CH"

En apéritif de cette semaine, mouillage à l'ile d'Houat (pour une séance d'initiation aux croquis) et à l'ile aux Moines (pour y rencontrer un photographe anglais du Chasse Marée, fort sympathique mais orné d'un improbable couvre-chef crocheté main). A cette occasion nous avons bien cru que la Cancalaise allait nous couler : à fond, cap droit sur Maica avec virement quelques mètres avant la collision puis une apostrophe du barreur : "C'est un Maïca ?" "C'est une Bisquine ?" grince Pavel entre ses dents...

Première régate, Kerjouanno, Epieu, Chimère, Sud Méaban, Kerjouanno : on va bien voir ce qu'on va bien voir maintenant que l'on navigue sur la Vraie Mer ! Il est vrai que l'on nous attendait au virement de bouée*... et que nous les avons attendu après la ligne ! Exception faite d'un 8 mètre intouchable et d'un 5.5 qui nous le paraissait moins... à suivre.

Seconde régate (remontée de la rivière d'Auray) : nôtre 5.5 joue avec nous genre Coupe de l'America : un coup devant, un coup derrière... il aura encore le dernier mot ! Grrrr on l'aura un jour, on l'aura...

Le soir, l'escale au Bono nous donne l'occasion de défendre chèrement notre pitance : l'organisation locale ayant décidé de ne plus nourrir les équipages munis des tickets repas remis lors de l'inscription (gratuits) au profit de tickets différents (payants) !, une petite manif' a fini par porter ses fruits : à table !

Nuit agitée de mouillage surpeuplé : musique tardive, chants aux sonorités avinées, et une tentative à 3 heures du matin de débarquement d'un ivrogne à notre bord alors qu'il ne venait pas de chez nous ! Le réveil à 5 heures a été un peu laborieux...
Après un breakfast avec lever de soleil sur la rivière : troisième régate pour regagner la baie de Kerjouanno. Un air de déjà vu à l'arrivée : 8 m, 5.5 et Maica..... (On finira bien par l'avoir ce 5.5.....)

Quatrième régate : un petit tour dans la baie et cap sur l'entrée du Golfe...

D'abord l'entrée du Golfe... je croyais que la bataille navale n'était plus d'actualité et, étant donné que les combats entre l'Helvétie et la perfide Albion n'encombrent pas les livres d'histoire, je ne pensais pas que la mode allait être lancée ce jours-là. Et pourtant : un petit camarade anglais (une quinzaine de tonnes lancées au moteur...) s'est subitement pris d'affection pour nous et nous a abordé, son bout-dehors passant de quelques centimètres à l'extérieur de nos haubans... ouf ! Une super frayeur ! Le mât est toujours là ? Pas de casse ? On continue : on est en régate tout de même ! Il faut ajouter que cinq minutes plus tôt nous venions de faire ami-ami avec un plan Sergent qui est venu brusquement se coller bord à bord avec nous... et que cinq minutes plus tard un troisième abordage avec un voilier toujours au moteur va plier un chandelier : tout le monde nous en veux aujourd'hui ou quoi ?
Donc, cap sur le Golfe...

Ah le Golfe du Morbihan : on quitte la mer pour aller naviguer à la campagne ! On évite le Petit et le Grand Mouton, on passe entre l'Oeuf et la Pointe de l'Ours, on pare soigneusement la Petite Truie, la Grande Truie et les Cochons, sans parler de la Jument, des Tisserands et autres Faucheurs... Et dans la catégorie "originalité", jouer avec les courants ne manque pas de charme, surtout lorsque nos concurrents qui connaissent le coin par coeur se mettent à faire du sur-place, voire à mouiller pour éviter de reculer sur quelques cailloux au noms évocateurs... Alors repérer les bonnes veines d'eau, éviter les contrecourants, attraper une risée au passage... passer trois bateaux (dont le 5.5, youpi !) et filer en tête de notre classe sur la ligne : faire du kayak avec un Maïca c'est tout de même chouette !

Le soir au port de Vannes c'était le grand chic : après un apéritif très sympa au stand "Class Maïca", un repas joyeux puis retour à bord : que des yachts classiques en vue avec des éclairages superbes, le Top ! Vite à nos bannettes : demain la marée n'attendra pas !

Cinquième régate : Un départ dans le Golfe, une sortie sous spi (toujours avec les courants, contrecourants, marmites, etc...), un petit tour derrière Sud Méaban et arrivée à Kerjouanno sous la pluie : ce coup-ci nous avons pris la mauvaise option ce qui permettra à Bryell et à quelques autres de nous attendre à leur tour après la ligne... c'est la vie ! Puis : quartiers libres jusqu'au départ de la Parade dans quelques heures : tout le monde entre au Crouesty pour manger tranquillement au sec.

La Grande Parade, le principe est simple : il faut faire entrer 1000 bateaux dans le Golfe, en même temps, alors que certains sont au moteur, d'autres à la voile et que les tonnages vont de celui de l'Optimist à celui du trois mâts... et tout ceci ne serait rien sans 500 bateaux supplémentaires qui n'ont rien à faire là et prennent juste quelques photos... cela dit la procession des bâtiments est impressionnante et doit faire son petit effet depuis les rives bondées malgré le temps un peu gris. Heureusement il ne pleut plus.

Arrivée à l'Ile aux Moines, organisation super : un zodiac nous accueille et nous indique une place... déjà convoitée par un autre bateau un peu mauvais coucheur... nous irons nous amarrer plus loin !

18 heures, remise des prix. Le podium : 3° Bryell, 2° Kraken, 1° Maica ! Remise du premier prix par Mr le Maire de... La Rochelle (ça ne s'invente pas) ! : entre autres une très grande coupe et une très grande bouteille pour la remplir ! Pavel donne rendez-vous aux 2° et 3° pour la boire sur le quai, en attendant Joël squatte la glacière de la buvette pour la rafraichir !

Retour à bord pour manger, et pendant que le barbecue du bord chauffe, nous partageons un ti'punch avec nos voisins : un Muscadet lui-aussi vainqueur de sa classe : ça s'arrose !

Enfin, dernier voyage à terre où nous retrouvons les équipages de Kraken et Bryell. Le bouchon saute, les verres se remplissent et la fameuse bouteille se vide dans la joie et la bonne humeur pour célébrer la fin de cette mémorable Semaine du Golfe.

Conclusion, on ne dit pas : "Un Class Maïca" on dit : "Maica c'est la Classe" !


* Virement de bouée : Que l'on peut traduire en terrien par tournant...



Petite chronique d'une régate
Par Joël, équipier de Maïca "CH" - Dessin de l'auteur

La veille de la première régate du golfe du Morbihan, Pavel s'est aperçu que la chaise d'arbre de l'hélice de Maïca était désolidarisée de la voûte. Donc, pour nous, la suite des courses était compromise. Après quelques minutes de réflexion, Pavel nous dit : on répare ! Puis il ajouta : Un suisse ne renonce jamais...

À la cale, le temps d'une marée, nous analysons la situation. Après étude des dommages, Pavel décide le démontage de l'hélice. La chaise extraite de l'arbre, nous filons chez le Shipchandler. Tellement j'ai fait de va-et-vient entre le bateau et l'atelier de réparation, qu'un moment, je me suis demandé, si j'étais venu au Crouesty pour faire un marathon. Chez le Shipchandler, les travaux furent rondement menés par Yachting équipement (Shipchandler à recommander à tous navigateurs, pour sa gentillesse et sa compétence).

Le temps presse, Anne et moi répondons scrupuleusement aux ordres de Pavel. Clé, pince, poinçon, marteau. Et moi qui en fait toujours de trop : Alors Pavel tout va bien. Un court instant je devine sa pensée : Et oui du con ! j'ai la tête dans l'eau, l'hélice dans le sac, la mer qui monte. C'est fou ce que l'eau descend lentement lorsque l'on veut voir une avarie sur la coque, est-ce qu'elle monte rapidement lorsque la réparation n'arrive pas son terme ?

Pendant que les skippers et les équipiers se délectaient d'un cocktail de bienvenue, Pavel essayait désespérément de résoudre l'impossible équation : « Comment remettre les pales de l'hélice Max-prop en face du petit H et du N ».

Je pense que les hélices Max-prop furent inventées par un diabolique démon marin, parce qu'il faut trois mains à un homme pour pouvoir les remonter.

Avant l'immersion totale de l'arbre, et dans une ultime tentative, je me résous à implorer les dieux celtes. Miracle !

Jeudi 21 mai 2009 19h00 Briefing à bord de Maïca.

Pour booster l'équipage, je leur concocte un petit breuvage magique : Une bonne dose d'hydromel, cinq doigts de Méaban, un peu d'écorces d'épieu, une larme de Chimères et quelques baies de Kerjouanno, boire le tout d'un coup sec, je vous garantis le résultat.



imageSur les pontons, je supporte de moins en moins les quolibets et les railleries des quidams au sujet des Suisses et de Maïca. J'ai calculé, 64 fois "Il n'y a pas le feu au lac", prononcé dans un mauvais accent belge, 22 fois "Je ne savais pas qu'il y avait une marine suisse", 3 fois "Tu changes ton mât tous les combien", 2 fois "Tu as une belle canne à pêche" en parlant du mât de Maïca, 3 fois "Vous aviez l'habitude de naviguer sur le lac ? Vous allez voir ce que vous allez voir, le golfe du Morbihan ce n'est pas une piscine"... « Pour voir, ils ont vu ».

Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que plus ils raillaient, plus cela nous motivait.

À la question qui m'a souvent été posée : "Êtes-vous Suisse ?" en m'indiquant du doigt le pavillon, j'ai fini par répondre "Oui". À une autre question "De quel canton êtes-vous ?", j'ai répondu "Des environs de Genève". Bref, en quelques jours, j'ai fini par m'identifier à la nation helvète. D'ailleurs, Pavel m'a dit que sur son bateau, j'étais sur le territoire suisse et de ce fait, suisse d'honneur.

Lors d'un rapport musclé avec un équipier du YCC, je me suis confronté à un dialogue de sourds. Refusant de répondre à une attaque verbale : "Parlez-vous français ?" J'ai répondu non d'un signe de la tête. Puis il me parla en anglais. Je lui ai fait un signe des deux bras levés, avec la même réponse. Puis il m'a parlé dans une langue que je ne pouvais identifier. Se retournant vers le reste de l'équipage il dit : "Inutile d'insister, ils ne comprennent rien..."

Ce matin nous sommes abattus, la troisième équipière n'a pas rejoint le bord probablement a-t-elle fait le coucou suisse sur un autre navire. À présent nous ne sommes plus que trois sur Maica. Pavel dit : "Ca va le faire quand même ; lorsqu'il y en a pour quatre, il en reste un peu plus pour trois".

Dix minutes avant le départ, Pavel, comme de coutume, les yeux rivés sur le plan d'eau, analyse la situation. Rapide concertation pour savoir quelle position nous devons adopter pour éviter la meute des furieux.

Anne est au poste numéro 1 et 2. Moi, Joël, au chronomètre, au winch et à la grand-voile. Actuellement ce n'est plus deux mains, mais quatre qu'il nous faut pour faire avancer Maïca.

Je connaissais l'entrée du golfe du Morbihan pour l'avoir fait en croisière. Le faire au flot montant, ça c'était une autre affaire ! À la première marmite, Maïca entame un tango d'enfer, suivi d'une valse à trois temps. Un coup à tribord, deux coups bâbord. Je crois qu'on a dû oublier les pneus cloutés, on se croirait sur une départementale en hiver.

12h30 : Premier abordage. Un concurrent de la flotte dérape dans un courant contraire et vient flirter avec nos chandeliers. Pavel à la réaction de placer un pare-battage entre les deux coques ; de cette collision, il s'en suivit une petite altercation due au stress.

Face à une situation problématique, Anne dégaine son arme fatale. Elle nous dit : "J'ai fait du kayak dans des eaux vives, si l'on veut contrôler la situation, il faut appliquer aux remèdes les mêmes méthodes, bien lire les veines d'eau, en évitant les contre-courants. À chaque contre-courant nous changeons de bord ; pas facile lorsque l'on est que trois à faire toutes ces manoeuvres.

À la radio de bord, le comité donne une consigne : « En cas de difficultés, vous pouvez enclencher le moteur". Foi de Suisse dit Pavel, nous ferons cette régate à la voile rien qu'à la voile, surtout que derrière nous, la flotte rame dans les marmites (un comble pour des bateaux à voile).

Soudain une masse venant je ne sais d'où, surgie tel un cavalier lors d'une prise de citadelle. Nous les avons reconnus, ce sont les Anglais à qui nous avons offert le champagne au Bono. Il s'agit d'un voilier de 16 tonnes, ils sont au moteur et sont surpris de nous voir : Marche arrière toute, hurlent-ils en anglais. Trop tard le courant est puissant ; le choc est lent, mais violent, le bout-dehors de leur bateau vient flirter dans le génois de Maïca. Ses haubans frottent sur les nôtres, tel un archet sur un violon. Une fraction de seconde, je pense que le mât de Maïca va nous tomber sur la tête. Nous hurlons, nous gesticulons et je pense à cet instant qu'ils sont en train de nous refaire le coup de Trafalgar.

Les Anglais sont comme le reste de l'humanité, lorsqu'ils ont les pétoches ils perdent vite leur flegme légendaire. Après inspection du navire, nous ne constatons pas de choc significatif, certes les haubans sont endommagés, mais ils tiennent. Pavel décide de continuer, d'autant que nous marchons à 12 noeuds dans le courant.

Jamais deux sans trois, un concurrent de la course vient droit sur nous : Impossible d'y échapper, nous avons beau faire de la voix, rien à faire. Pavel essaie tant bien que mal de l'éviter, hélas pour la troisième fois nous sommes abordés. Là aussi pas trop de mal, seulement un chandelier plié. Nous sommes furieux de cette collision, parce que ce voilier est en course à plein gaz au moteur, donc manoeuvrant.

Nous progressons de marmite en marmite, de courant en courant, en évitant les pièges des zones de calme. Je fais un rapide décompte de la flotte. Nous sommes deuxième, derrière le petit 5 mètres qui caracole en tête de la course. Quand surgit Pangur Ban suivit de Bryell sur notre bâbord. Pangur Ban vire le long de la pointe de l'Ile aux moines, il a l'air d'avoir trouvé de l'air. Bryell, en nous doublant, nous fait un signe d'amitié en disant : Désolé je passe devant, puis il vire pour rejoindre Pangur Ban en nous hurlant : "Il connaît le coin comme sa poche".

Anne, toujours en vigie à la proue du navire : droit devant le plan d'eau nous est favorable. Effectivement, Maïca reprend de la vitesse. Nous apercevons une bouée fortement inclinée dans la bonne direction, ce qui nous permet de rattraper le 5 M qui s'est immobilisé dans un contre-courant. Pavel, content de la situation, pousse son cri de Maïca : "Cà, c'est fait". Puis silence jusqu'au coup de canon final.

Comme sait si bien le dire la chanson : Encore heureux qu'il était beau et que Maica soit un bon bateau.





 
 
 
 
 
 

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